09 mars 2017

Les mécanos de Vénus - Joe R. Lansdale

Au Texas, dans les années 90. Hap Collins est un ancien idéaliste des sixties, qui vit maintenant de petits boulots. Son meilleur pote Leonard Pine est un ancien du Vietnam, noir, homo, et élève des chiens derrière sa maison au bord de la rivière. Voilà que débarque Trudy, l'ex. de Hap, qui lui propose un plan compliqué où il s'agit de récupérer, pour la bonne cause, le butin d'un braquage au fond de la rivière, là-bas, dans les marécages. Hap embarque Leonard dans l'affaire... qui va bien sûr se révéler foireuse.
On aura donc des idéalistes qui ont vieilli, des baraques pourries, des vannes bien senties, des gangsters, des vannes marrantes, un paquet de pognon et des coups de feu (et des vannes). L'écriture (plutôt chouette) en plus, ce sera comme lire le compte-rendu d'une partie de Fiasco.
Derrière son scénario assez simple, le roman porte aussi toute une nostalgie des sixties, du temps qui passe et de la perte des idéaux. Pas un grand roman, mais on est content de passer un bon moment avec Hap et Leonard.

08 mars 2017

Concert Stravinsky, Gruber, Haydn à l'OCL

Weilerstein
Je ne chronique pas ici de concerts, principalement parce que nous en écoutons assez peu, mais aussi parce qu'il est difficile pour moi de parler de musique. 

Hier soir, nous sommes allés écouter l'orchestre de chambre de Lausanne, dirigé par Joshua Weilerstein. J'avais déjà eu l'occasion d'écouter un concerto pour piano de Schumann dirigé par le même et j'avais beaucoup aimé (la musique très étrange de Robert Schumann fait partie de nos plaisir secrets).
Weilerstein est un jeune chef d'orchestre, très expressif, amusant, qui parle au public et propose des œuvres intéressantes, s'efforçant notamment, à chaque concert, de faire jouer un compositeur vivant plutôt que de n'exécuter que des compositeurs morts.
L'OCL est un ensemble musical très sérieux et solide, avec un son et une qualité de jeu tout à fait remarquable. Tout était donc en place pour un bon concert, et nous n'avons pas été déçus.

Au programme : 
la suite Pulcinella, de Stravisnsky.
Avec Schumann, un de mes autres plaisirs secrets est de voir exécuter de la musique du début du XXème siècle, parce que les compositeurs de l'époque jouent souvent sur les ruptures et les surprises sonores et instrumentales (là, ça se voit que je n'y connais rien ?). Pulcinella est une reprise/variation/pastiche de sonates attribuées à Pergolesi, donc une sorte de reprise joyeuse et pleine de ruptures d'une forme de musique baroque. Ca paraît sophistiqué dit comme ça, mais c'est brillant, drôle et très stimulant à écouter. J'ai adoré.
Frankenstein !! de HK Gruber
Gruber est un compositeur/chansonnier autrichien contemporain. Cette pièce étrange, pendant laquelle le compositeur lui-même chante et dit de curieuses petites comptines enfantines, est pleine aussi de blagues, de reprises et de surprises. On y entend bien sûr l'orchestre classique, mais aussi des instruments jouets genre mélodica, des kazous, des sacs en papier... La musique balance entre le symphonique, le music-hall et les thèmes de la culture populaire (Superman, James Bond...). C'est à la fois caustique, grotesque, saugrenu et complexe, dans une ambiance de cabaret allemand des années 20 (l'accent de Gruber y invite un peu). Un peu déroutant pour moi, mais j'y ai pris du plaisir.

Gruber

La symphonie n°100, "militaire", de Joseph Haydn
Le retour à de la musique classique "classique" aurait pu être déroutant après les deux oeuvres précédentes. Mais, et c'est là toute la qualité de ce programme, la mise en relation de ce morceau avec les deux précédents montre combien Haydn a su aussi jouer sur les ruptures et la surprise (par les silences du 4ème mouvement ou la remarquable fin du 2ème mouvement, avec solo de trompette et percussions) pour secouer l'attention de l'auditeur qui croirait écouter une musique faussement facile. Mon seul regret ? Que cette symphonie n'ait pas été plus longue.

Les musiciens de l'OCL.


L'orchestre a offert en bonus quelques mesures d'une pièce de Bartók qui sera exécutée en juin. Ca donne envie !



07 mars 2017

Lord Peter et le Bellona club - Dorothy Sayers


Londres, 1928. Un club anglais, fréquenté par des anciens militaires. C'est le jour de l'armistice du 11 novembre, on bavarde dans les salons, la bibliothèque... On arbore une fleur à la boutonnière. Les anciens combattants sont tous là, mêlés aux habitués des lieux. Et soudain, dès la fin du premier chapitre, on découvre que le vieux général assis dans son fauteuil depuis ce matin, en train de lire son journal... est mort. Une question deviendra vite cruciale : quand est-il mort ?

J'ai beaucoup de plaisir à rendre compte de nos lectures de la série des enquêtes de Lord Peter, car chacun de ces romans a son propre intérêt littéraire. Dorothy Sayers ne déroule pas une recette, mais tente plutôt, à chaque aventure de son héros, d'explorer une facette de l'histoire de détective. Ici, on est dans le roman à énigmes "classique", qui joue explicitement avec les attentes et les déductions du lecteur. L'intrigue est très habile, joliment tournée, d'autant que Mrs Sayers nous propose ici un roman en deux parties distinctes, chacune ayant sa propre énigme, joli tour de force (les deux énigmes ayant chacune leur charme).
Une nouvelle fois, les personnages sont remarquablement campés. Et si Lord Peter est un héros gracieux et féérique, les autres se débattent dans une réalité socialement cruelle, qu'il s'agisse d'un médecin militaire ou d'anciens officiers vivotant de leurs pensions, d'un ancien combattant ravagé par le stress post traumatique (le portrait de ce couple où seule la femme travaille est très touchant, notamment par le portrait en creux de l'épouse), ou de jeunes femmes laides mais ne se voulant pas condamnées à la misère sexuelle.
Dorothy Sayers réussit remarquablement les dialogues (le roman en est presque uniquement constitué) et si le récit est amusant, le portrait social est comme toujours très bien vu.
Bref, on adore.

Note : Je mets ici la couverture anglais (même si nous l'avons lu en français) car le titre original, tout en understatement, est un délice.

28 février 2017

Flic maison – Dashiell Hammett

Après le grand sommeil, nous restons dans les classiques du roman noir. Les nouvelles de Hammett sont plus anciennes que le roman de Chandler (années 20 plutôt que fin des années 30), Hammett encore plus que Chandler est le créateur de la hard boiled school.
Cette sélection de sept nouvelles présentées dans un petit livre bien fait nous fera voyager entre histoires d'adultère, de chantage et de meurtres. Pas vraiment de détective récurrent, même si le narrateur est souvent un homme de l'agence Pinkerton (que Hammett connaissait bien pour y avoir travaillé quelques années). Les intrigues policières sont denses, bien tournées et remarquables pour des textes aussi courts (format nouvelles pour pulps).
Hammett est un narrateur remarquable qui excelle dans ces formes resserrées. Un des récits (celui qui se passe en Asie du sud-est) m'a même fait penser à Kipling qui est, rappelons-le, le meilleur raconter d'histoires au monde ! Bref, ce petit livre m'a fait apporté ce plaisir particulier qu'offrent les histoires courtes bien racontées, et la promesse d'en lire d'autres en découvrant plus avant l'oeuvre de Hammett. De la bonne came.
 

25 février 2017

Silence – Martin Scorsese

Le cadre de cette histoire est intéressant. En 1640, deux Jésuites sont envoyés au Japon pour retrouver leur mentor, dont on raconte qu’il a apostasié suite aux persécutions. On a donc deux jeunes hommes, armés de leur foi et de leur ordination, jetés sur les côtes d’un pays inconnu dont ils ne comprennent pas la langue, à la recherche de chrétiens « cachés », qui se retrouvent confrontés à la culture japonaise, et notamment aux ordonnances d’état visant à interdire le christianisme. 
 
Rodrigues et Kichijiro. Scène de la confession, première.
 
Cet aspect de rencontre avec l’inconnu est joliment rendu dans le film. Les paysages japonais sont très beaux, ceux d’une autre planète, et le film saisit très bien la fraicheur et la surprise du regard du héros au moment où celui-ci pose les yeux pour la première fois sur un décor urbain. Certains personnages sont aussi très bien, notamment « l’inquisiteur » Inoue, l’interprète un peu sadique, et surtout Kichijiro, dont l’ambiguïté, les retournements et l’adhésion presque comique au christianisme donnent sa seule touche d’humour à un film sinon plutôt pesant. 
 

Sinon, on a des scènes de martyre (pas trop complaisantes, c’est supportable), du blabla, du martyr, du blabla… Comme c’est beau, bien filmé et joué par de bons acteurs, l’affaire passe plutôt bien, je ne me suis pas ennuyé, mais je ne veux pas non plus qu’on croie que c’est une affaire très funky.
Ce qui est plus ennuyeux: historiquement, l’affaire me paraît bancale. L’histoire de l’implantation du christianisme au Japon est un épisode très intéressant. Les jésuites sont arrivés vers 1540, il y a eu une très forte implantation locale de l’église avec, notamment, de nombreuses communautés animées par des Japonais, avant un retournement complet des autorités au début du 17ème siècle qui ont banni le christianisme car elles y voyaient, outre un danger pour la cohésion sociale, un pied dans la porte des Espagnols et autres Européens et donc un danger pour le pays – elles n’avaient sans doute pas tort. 
 
Je ne sais pas comment s'appelle cet acteur, mais il est vraiment cool.
 
Les deux héros du film sont cohérents dans le récit du film, mais leur ignorance complète de la situation politique et de la culture japonaises ne sont pas très crédibles: il y avait des japanisants parmi les jésuites et de bons connaisseurs du pays (j’ai chez moi le poilant petit traité de Luís Fróis écrit à l’époque qui recense les différences culturelles entre le Japon et l’Europe). 
Le film projette sur ce contexte une religiosité très contemporaine et un peu bêbête et un discours lourd sur le silence de Dieu, et manque le coche de présenter en miroir deux étrangetés profondes:  le monde japonais et le christianisme. 
 
source : wikipedia. Un netsuke représentant le Christ.
 

23 février 2017

Mes médias d'actualité #2

Suite d'un article général sur ma consommation de médias d'actualité.

Médias en ligne - autres

Le monde.fr

Avec sa grosse rédaction et ses journalistes très pros, Le Monde reste une source sérieuse, mais je n'ai pas pu me convaincre de sortir 18 euros/mois pour aller au-delà de la version web gratuite. Je sais que je ne le lirai pas de manière assez régulière et approfondie et que le trop gros centrage du journal sur le monde franco-français, la personnalisation de la politique, les matchs de catch entre "personnalités du PS" et les articles sur le bac me tiennent un peu à distance. Je le consulte chaque matin pour voir si un évènement important ne m'a pas échappé, rien de plus.

Le temps.ch

J'ai été très amateur, il y a quelques années, du Temps, quotidien basé à Genève. Leur positionnement libéral, dans tous les sens du termes, était tout à fait assumé,  mais les dessins de Chapatte, le sérieux des analyses, la distance par rapport à la politique française et européenne, la couverture culturelle et scientifique, tout ça en faisait un journal intéressant à suivre. La situation s'est malheureusement dégradée: érosion du lectorat oblige, le quotidien romand de référence a fait un basculement marketing et pris un virage à droite prononcé. Ce qui est triste, c'est que je lis maintenant pour ses analyses (assez biaisées qui plus est) de la politique suisse.

Le monde diplomatique

J'ai de la sympathie pour le diplo, et j'adore leur tic de donner du "Monsieur" ou du "Madame" à tous les personnages politiques ("M. Trump", "M. Fillon", plutôt que "Trump"  ou "Fillon") mais au fond j'en trouve la lecture assommante. Je n'y arrive pas, désolé. Par contre, leur site héberge quelques blogs excellents, comme Régime d'opinion, le blog d'Alain Garrigou.

Blogs d'information

Je lis un paquet de blogs via mon agrégateur RSS. Les lister tous serait fastidieux. Leur intérêt principal est de pouvoir suivre un sujet précis traité par des gens qui savent de quoi ils parlent. Même en écartant les blogs culturels, ceux de lecteurs de SF, etc, il en reste un paquet, alors voici une sélection de ma blogroll.
Passeur de sciences : actualités scientifiques grand public, très chouette.
Sciences2 : actualités scientifiques, avec une attention plus soutenue sur les politiques scientifiques, le climat et le nucléaire.
Oil man : le pétrole, sa vie, son œuvre. Le blog de Matthieu Auzanneau a le mérite de mettre les questions énergétiques au centre.
Coulisses de Bruxelles : Jean Quatremer est souvent énervant, mais personne d'autre que lui ne m'aide à comprendre la politique telle qu'elle se joue dans les institutions communautaires.
Epris de justice : très beau blog sur la justice telle qu'on la rend. Je ne cite pas dans ma liste maître Eolas, parce que tout le monde le connaît et qu'il ne publie plus beaucoup.
La voie de l'épée : blog tenu par un officier militaire de réserve traitant tout autant de stratégie, d'histoire militaire et d'analyses sur ce que la France fait, ou pas, avec son armée.
Une heure de peine : chouette blog de sociologue.
(et il y en a plein d'autres)

Journaux papier

La conséquence de s'informer sur Internet est que je ne lis (presque) plus de journaux et magazines papier façon XXème siècle.

L'Histoire

Le seul magazine auquel je suis encore abonné. L'Histoire est un magazine genre sérieux qui vulgarise les résultats récents de la recherche historique. Les articles sont longs, solides, généralement bien illustrés. Je me suis toujours dit que je le lisais avec une forte perspective de rôliste et que, sous cet angle, c'est de l'évasion pure.

Le canard enchaîné

J'ai toujours été plus canard que Charlie, mais après des années de lecture chaque semaine j'ai fini par ne plus acheter le palmipède que de loin en loin. L'observation du marigot des magouilles et des vanités a cessé de me faire rire pour ne plus provoquer qu'un malaise écœurant.

Chaînes youtube

La couverture de l'actualité nécessitant certains moyens, ce n'est pas tellement compatible avec le format des chaînes youtube moyenne (=un trentenaire dans son salon).
J'ai toutefois du plaisir et de l'intérêt à écouter chaque semaine le Fil d'actu, malgré ses gimmicks. La tentative de recentrer l'actualité sur les sujets importants, hors du buzz, est tout à fait salutaire, même si, format et formation oblige, les analyses ne sont pas très profondes.

Radios

Autant je déteste la télévision, autant j'adore la radio. Et le podcast est une des plus belles inventions d'Internet. Je ne suis pas les journaux d'actu à la radio, mais j'écoute une poignée d'émissions qui me permettent de suivre l'actualité de leurs domaines. En vrac:
Le masque et la plume, pour l'actualité littéraire mainstream, copinage & co compris, pour entendre parler de ce qui se fait en théâtre et pour avoir de l'actu cinéma et parce qu'entendre des critiques débattre et se disputer me paraît être un des bonheurs d'être français.
Mauvais genres, parce qu'Angelier est un expert, une voix, et qu'on peut y entendre parler de trucs vraiment bizarres.
Concordance des temps, parce que j'aime l'Histoire et qu'on y entend des messieurs âgés qui se font des assauts de politesse. (quoi que, il y a peut être des femmes, invitées de temps en temps ?)
Une vie, une oeuvre, une heure de biographie d'une femme ou d'un homme célèbre. Certains des épisodes sont passionnants.
Ah, tiens, ces émissions ne viennent que de chez radio France. Pure curiosité, il se passe des choses intéressantes sur les radio privées ?


20 février 2017

Mes médias d'actualité #1

Le but général de ce blog a été depuis le début de partager mes sentiments sur diverses productions culturelles (livres, pièces de théâtre, films, puis jeu de rôle). En ce temps à l'actualité chargée, c'est rien de le dire, j'ai pensé qu'il pourrait être intéressant de faire un parcours de mes sources d'information.
Que ceux qui n'ont pas envie d'entendre parler de journalistes et d'actualité passent leur chemin !
Le sujet promettant d'être assez long à traiter, je le diviserai donc en deux billets. 
Si vous avez des sources que vous aimez réellement et que je ne connais pas, n'hésitez pas à partager et à le faire savoir.

1 - Médias en ligne

Je commence par ma source d'information principale, les médias en ligne de type "pure players". Pas de version papier, pas de pub. Ce ne sont que des médias payants, mais ça fait un moment que j'ai compris que pour avoir un minimum de qualité et de l'information qui ne soit pas, d'une façon ou d'une autre, aux mains d'un milliardaire français, il faut sortir du pognon.
Je partage volontiers, et en tous temps, de manière ponctuelle, les articles des sites auxquels je suis abonné, n'hésitez pas à m'envoyer un mail/message FB/etc. 

Arrêt sur images

Arrêt sur images : la première fois que j'ai payé pour de l'information sur Internet. Coming out : pendant la brève période où j'ai possédé une télévision (de 1997 à 2001), j'aimais bien suivre l'émission de Daniel Schneidermann sur la cinquième. J'appréciais son droit de suite envers ses invités ("mais vous n'avez pas répondu à la question...").
En fait, le site internet qu'il a fondé suite à son éviction est bien meilleur que l'émission originale. Je le suis depuis le début, il y aura bientôt dix ans, j'en apprécie la ligne éditoriale (comment se fabriquent les histoire qu'on nous raconte sur le monde, même si je ne suis pas certain qu'ils la définiraient comme ça), l'indépendance, l'honnêteté, le mélange de longues émissions vidéos et de textes, d'enquêtes parfois fouillées. Je ne lis pas tout, je regarde une émission sur deux, je n'aime pas tout (je n'ai jamais été convaincu par les séquences d'humoristes qui ouvrent certaines émissions), mais il s'agit d'une équipe de journalistes qui se posent sans cesse des questions sur leur activité, ce que je trouve très salutaire. Depuis dix ans, ce sont un peu mes copains, quand je pense à eux je les appelle par leurs prénoms.
Média payant, sans pub.
Formats : émissions longues (1h30), téléchargeables, articles écrits, le tout sur un flux RSS.
Une émission récente, que j'ai vraiment aimée : l'émission avec Gaspard Glanz et Marilyn Baumard sur la fermeture de Calais, l'arrestation de Glanz, etc, qui décompose très bien la relation du pouvoir actuel avec la "crise migratoire".
Autres papiers intéressants : les papiers d'Alain Korkos où il parle de tableaux, les articles d'Anne-Sophie Jacques sur les questions économiques.
Et un incroyable reportage sur le journalisme indépendant en Russie.
Des lecteurs intéressés par des articles, émissions, abonnements découverte, peuvent toujours se tourner vers moi pour que je leur en envoie.

Hors-série

Hors-Série est un spin off d'arrêt sur images, fondé notamment par Judith Bernard. Ils (elles, plutôt, vu que les intervieweuses sont le plus souvent des femmes) font des entretiens filmés sur fond noir avec des artistes, des chercheurs, Frédéric Lordon, des philosophes, des maîtres de conf en histoire de la musique sous le troisième Reich, Frédéric Lordon et de temps en temps, Frédéric Lordon. C'est très à gauche, un peu amateur dans les préparations d'émissions, mais les invités sont souvent intéressants et j'entends des gens avec qui je ne suis parfois vraiment pas d'accord. C'est un peu comme France culture, je les écoute dans mes oreillettes quand je fais des tâches ménagères.
Média payant, sans pub (pas cher, je crois).
Formats : uniquement des émissions longues, hebdomadaires (plus d'une heure), téléchargeables, flux RSS.
Une ou deux émissions récentes intéressantes ?

Mediapart

Je me demande régulièrement si je dois y rester abonné. Mediapart offre un parcours solide de l'actualité, surtout française et internationale – je ne les suis pas sur le culturel. Disons qu'ils jouent en ligne un peu le rôle du Monde, ancrés nettement plus à gauche tout de même.
Les émissions vidéo m'endorment et m'intéressent peu, il y a chez eux un esprit de gauche-sérieux qui m'assomme un peu. Maintenant, il s'agit d'un des rares acteurs médiatiques français à avoir pu jouer son rôle de garde-fou démocratique et rien que pour ça, et pour leur indépendance totale, ils méritent le respect.
Formats : articles courts, longs, éditos, émissions variées, billets d'humour (baille, baille).
Un article récent qui m'a intéressé ?
Comment les démocraties occidentales peuvent préparer 2050
 

Les jours

Les jours est mon coup de cœur récent dans le paysage médiatique en ligne. C'est du journalisme narratif, feuilletoné, qui n'envisage pas une couverture globale de l'actualité ni un suivi des pulsations du monde (du slow journalism, en quelque sorte), mais qui aborde aussi bien des sujets habituels (les primaires de la droite, vues sous un angle intéressant) et que des trucs plus rares, comme la vie d'une classe de seconde pro dans un lycée de Seine-et-Marne ou que l'industrie des cosmétiques.
Le design du site est excellent, l'écriture de grande qualité, le regroupement des articles en obsessions suivies peut donner des envies de binge-reading. On aura compris, j'aime beaucoup.
Formats : articles longs (rien de plus)
Des articles récents et intéressants ? Plein !
La série Les revenants de David Thomson sur les jihadistes de retour en France.
Autour du pot, enquête sur les cosmétiques 
La bascule, série d'articles sur la Turquie. 
Pour les amis rôlistes, pour tous ceux qui aiment approfondir les sujets, les Jours est pour vous.